Réflexions du fauteuil : assistons-nous à la mort de l'imprimé?
18 03 2009
Le quotidien Seattle Post-Intellingencer a annoncé la fin de son édition papier ce lundi. Il ne sera dorénavant plus disponible qu’en version électronique. C’est le dernier en date d’une série de quotidiens américains à cesser de publier la version qui tache les doigts. Doit-on s’en réjouir ou s’en désoler?
Le tirage de la presse mondiale est en déclin depuis plus d’une décennie. La multiplication des plateformes d’information comme Internet et les téléphones intelligents qui permettent de recevoir en temps réel l’information à laquelle nous souhaitons accéder en tout temps a accéléré cette tendance. Maintenant, c’est la crise économique qui précipite le mouvement. La baisse des revenus publicitaires menace de faillite la presse écrite.
Jusqu’à maintenant, lorsqu’un journal disparaissait, on craignait pour la diversité de l’information. Je crois que cette crainte n’a plus cour. Nous avons maintenant accès aux médias du monde entier. J’ai l’impression qu’à chaque fois qu’il y en a un qui disparaît, j’en découvre dix autres. Cette crainte me fait penser aux vieux grognons qui regrettent l’époque où Radio-Canada diffusait des concerts, des documentaires et des pièces de théâtre toutes les semaines. C’est vrai que cela n’existe plus, mais ils oublient de regarder ailleurs. En fait, il n’y a jamais eu autant d’émissions culturelles à la télévision, mais on les trouve maintenant sur ART-TV, TV5, PBS, Bravo, Discovery, National Geographic Chanel et plusieurs autres canaux spécialisés, sans compter Internet qui est une source illimitée de contenu culturel. C’est la même chose pour les médias d’information, les sources n’ont jamais été aussi nombreuses.
À mon avis, ce qui va vraiment sonner le glas des journaux et magazines papier est l’émergence des appareils de lectures électroniques portatifs, que l’Office de la langue française a nommé livrels, comme le Kindle d’Amazon et le Reader de Sony. Ils ne sont pas encore disponibles ici, mais ils font fureur aux États-Unis et en Europe où ils permettent déjà de télécharger des milliers de romans , de magazines et de journaux pour les lire en tout temps et en tous lieux. Archambault prépare actuellement le lancement du Cybook Gen3 pour cet été. Il a déjà signé des ententes avec une vingtaine d’éditeurs québécois qui rendront disponibles plus de mille titres au départ. Nous aurons rapidement le choix entre acheter le dernier livre de Michel Tremblay en version papier ou en version électronique. D’ailleurs, Branchez-vous a révélé la semaine dernière qu’il est un grand fan du Kindle 2. Il trouve ça merveilleux de pouvoir transporter une bibliothèque dans ses bagages. Aux États-Unis, la version électronique des livres est offerte pour une fraction du prix de la version papier. Je prédis que cette dernière devrait être portée disparue d’ici une vingtaine d’années.
Cela ne veut pas dire que le livre va complètement disparaître, pas plus que la radio est morte avec l’arrivée de la télévision. Mais il va probablement trouver sa pérennité là où il excelle déjà actuellement comme dans les grands livres illustrés sur l’art, la nature, etc. Un livrel, à cause de son petit format, ne pourra jamais compétitionner avec cela. En ce qui concerne les magazines, les livrels ne sont pas encore prêts à les remplacer parce qu’ils ne permettent pas encore d’afficher des images en couleur, mais cela ne saurait tarder.
C’est difficile de lire le Journal de Montréal dans le métro et en plus, ça salit les doigts. Kébécor ne devrait pas tarder à le rendre disponible sur le Cybook Gen3. Imaginez-vous pouvoir lire le journal debout dans le métro en le tenant d’une seule main pendant que l’autre sert à vous retenir à un poteau. Je pense qu’il va devenir un objet à la mode comme l’ont été les premiers cellulaires et les premiers Ipod. On n’arrête pas le progrès.
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Publié par : jacqueso à 02:50:36Permalien
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